Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 15:11

TEXTE 1
Le silence m'inspire.
C'est dans le silence que je trouve une paix idéale.
Et ce que vous ne savez pas, c'est que la paix idéale n'existe pas.
L'appétit vient en mangeant, comme on dit. La paix vient quand se digère le silence qui est en nous.


TEXTE 2
J'ai toujours envie d'avoir quelque chose en commun, mais ce n'est pas la question de l'habitude. Ce que je veux avoir en commun, c'est ma contrepartie, une compensation qui n'est jamais nécessaire.
Qui compense, pense avec son pense bête.
Le pense bête, ce sont les graffitis sur le mur qui prouvent que le mur est solide.
Et quoi faire de tout ce stock de liens affectifs qui ne s'attachent à rien dans son for intérieur ?


TEXTE 3
Opiner du menton, oui, je sais, la manoeuvre est autoritaire et fait preuve d'obstination.
Mais opiner du coeur, la démonstration est dénuée de scrupules. Quand vous opinez de cette façon secrète, une clairière s'ouvre dans le domaine du coeur.
C'est un jardin de fraîcheur qui s'ouvre à l'étranger de passage.
Tous les réacteurs chancellent à la vue des arbres corronaires à la chevelure chaîtaigne.
Le mot du coeur qu'il convient de soulever, coeur en émoi dans tous les cas d'opinion sous-mentonnière, c'est joie.


TEXTE 4
On parle, toujours et encore de ce qui nous a le plus ému : pensée matinale au son du meuh de la vache.


TEXTE 5
J'ai pas qu'un mot à dire,
j'ai mon coeur à maudire,
j'ai mes tripes à maugréer,
j'ai mon oeil à molester,
j'ai ma langue à m'ausculter,
j'ai mon pied à m'autoriser
de balancer en avant pour marcher

c'est pas le seul pied que tu peux t'autoriser !


TEXTE 6
Goutte des seins
Saint des saints
Du goutte à goutte
Fortement alcoolisé
Cadeaux du coeur
Verticale bousculée


TEXTE 7
Le rateau n'a plus de manche, il s'aère.
Il s'aère à rien.
La manche est gagnée par abus de pelles.
Prendre un rateau ou se rouler une pelle, 
la manche est perdue par abus de chiendent.
Un cachou partout.
Refaites vos jeux.


TEXTE 8
C'est la maman de Ceylan
qui va dormir sur la rustine.


TEXTE 9
Je ne suis pas austère, je suis aussi sur terre.
Je suis assis sous le figuier, sur une pierre.
Sous mes pieds, la pelouse à demi-calcinée.
Des roseaux maltraités jonchent à qui mieux mieux le sable.
Quelques figues, à peine écloses, parsèment déjà la pelouse.
C'est un jeune figuier.
Je ne suis pas un roi qui devise, je suis un simplet très compliqué
qui prend la vie au présent
et accepte d'être là, assis sous un figuier, 
à se figurer une situation confortable et plaisante.
Le soleil brille matinalement.
Toutes ces personnes qui sont là, près de la véranda,
tous sont d'une humeur joviale, un enchantement.
Un ULM traverse le ciel, si bleu, si calme,
on se pâme.
Heureuse matinée qui commence comme un trésor à découvrir
pour une vie toujours éphémère de sentiments divers.
Vive le présent, vive l'instant.
C'est bien, nous.


TEXTE 10
Qu'est ce qui ne peut pas durer ?
Une ombre.
On se bat pour la garder.
Le soleil, on s'en fout, il est toujours présent là où on ne l'attend pas.
Et si on pouvait se mettre sous l'ombre, exactement, 
sans l'ombre d'un malentendu ?


TEXTE 11
Résoudre un problème, ce n'est pas allumer une lumière, c'est sauvegarder la part de l'ombre.


TEXTE 12
-Une nuit sans toi(t) mais sous tente
Une nuit avec toi(t) mais sans tente...
et vice versa, c'est pas mal aussi...
- Euh... comment tu écris toi(t) ?
- Ben... comme toi(t), avec un stylo plume ou un crayon de bois, au choix.
- Oui, mais si toi, tu écris toi(t) comme moi, alors toi et moi, on se comprend. Mais justement, je ne sais pas si tu écris toi comme ça ou toit comme ça. Parce que si tu écris toi comme ça, c'est comme moi, mais si tu écris toit comme ça, c'est pas comme moi, et alors là, je ne comprends plus rien, ma foi.
Et puis, depuis que tu portes ce foulard de soie, depuis des mois, tu restes sur ton quant à soi, ou à toi, si tu préfères. Alors moi, je ne sais plus ce que tu crois, tu vois ?
- Euh, pas vraiment...
- Bon, alors chacun reste chez soi ?
- Ben... Pourquoi ?
- Parfois, je ne vois pas pourquoi tu caches toujours ta joie... Moi, j'aime bien tes pattes d'oie et quelquefois, je les préfère avec du vinaigre balsamique, mais pas toujours !
- Ah, tu vois ! tu me réponds encore de guingois... Mais pourquoi ? J'aimerais qu'une seule fois tu me répondes simplement par oui ou par non, sans être aux abois !
- D'accord, mais il fait un peu froid ce soir, on rentre du bois et on s'allume un feu de joie ?


TEXTE 13
Paresseuse ennemie, ton regard salace enjambe mon grand pif dispendieux rempli d'une tristesse conglomérée.
Vise un peu l'enchevêtrement de poutres qui me glissent de la carencule : fixement, d'une évocation.


TEXTE 14
Que mot dire de la condiction d'amour galope ?
Un parfait parpaing et quelques dents d'elle.
Fais gaffe, c'est un point de doctrine à faire remarquer dans les cursus de la broute.
Quelle soutrance de contractionner un rapetiboisé, à peine rat-bouté sur le puir chevalu.
Il m'a encore rengagé sur son baldacon, le queunard roméotiforme !
Je concupitionnerai pour mon fort postérieur.
Vaut mieux se baronner dans tous les spasmes à genère, plutôt que de se foutre le pitrouille dans un brancard à psautères.
Je signe et je capitatuline, raz le col des calouballes à l'antienne.
Les mots, on s'en bat les couilles parce que j'ai pas mon maudire. 


TEXTE 14
Je suis de Montluçon,
donc, on est allés chercher un frigo !



 

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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 14:46
Tirés de "longtemps"  d'Erik Orsenna
GLOUSSER-FLAMME-ROULETTES-LONGTEMPS-DETAIL-JALOUX-CHIFFON-ARRETER-DISCRET-TYMPANS

TEXTE 1
Bruit insoutenable, douleur insupportable...
Merde, encore une paire de tympans niqués !
Juste après l'intervention du charcugicien.
Avant longtemps, le semeur de doutes allait devoir repasser sur le billard.
Une horde de jaloux, pas discrets du tout, une manifestation de mécontents et leurs chiffons écarlates agités aux vents de méthane.
Encore une fois, aidé par le hasard, le semeur de doute avait atteint son but.
Comme monté sur roulettes, le doute se répandait sur la cohorte de sujets sans passions.
Les pantins étaient facilement manipulables, beaucoup iraient jusqu'aux flammes de son antre pour connaître à nouveau dans le détail, le plaisir ultime de l'hésitation.
Impossible de s'arrêter, pris dans l'élan, toute cette volainne garnirait bientôt les branches de son bureau-cuisinière au charbon compressé enrichi au zyklon.
Rendu sourd par l'explosion de la première vague de douteurs en puissance, le semeur de doutes n'entendit pas glousser sur sa droite !


TEXTE 2
Pas la peine de glousser, je ne te déclarerai pas ma flamme, vieux chiffon !
Ah, si, juste un détail : la prochaine fois, essaye d'être plus discret, ne me casse plus les tympans avec tes jérémiades : tu es jaloux, admets le une bonne fois pour toutes.
Et puis aussi, tu devrais arrêter de faire du patin à roulettes, c'est vraiment plus de ton âge.
Ca, c'est sûr, longtemps, je me souviendrai de toi : tu es mon pire cauchemar ! et tu n'étais même pas un bon coup !


TEXTE 3
C'est sûr, on n'a pas arrêté de glousser, c'était pas très discret.
Mais que c'était bon les fous rires qui durent longtemps sans qu'on puisse s'arrêter !
Un peu gênants pour les tympans délicats, mais les filles, ça flambe avec de belles flammes multicolores et tant pis pour les aigris jaloux.
Pas besoin d'huile sur les roulettes, ça roule, des boules explosent !
Nous, on parle pas chiffons, et ça, c'est pas un détail.


TEXTE 4
Je t'avais pourtant déclaré ma flamme, la plus pétillante, la plus sautillante, la plus trépidante.
Tes tympans délicats n'arrêtaient pas d'en tinter.
Ca ne pouvait durer longtemps... Chiffon rouge !
De petits arrangements avec la vérité, en "discrets" étalages d'une virilité renouvelée...
La Lousse glousse de ces détails dont elle devrait être jalouse.
En l'absence de courrier, je serais sans pitié. 

les fous rires qui
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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 12:49
Tirés du "récit d'un naufragé" de Gabriel Garcia Marquez
MER-DEFORMER-JOYAU-OCCULTER-INDICE-CLÔTURE-PONCTUEL-ACCIDENT-LUNAIRE-MOUETTE

TEXTE 1
Inévitable accident de l'envol de la mouette au dessus de la mer lunaire et déformée, le faucon, occulté par la clôture ponctuelle des nuages, n'a laissé aucun indice annonciateur du tracé fulgurant de son attaque.


TEXTE 2
"Vos gueules les mouettes ! "
L'exclamation jaillit de derrière la clôture qui séparait le jardin de la mer.
En dépit de son allure lunaire, Jérôme ne pouvait occulter un léger penchant pour l'autoritarisme et certaines interventions constituaient l'indice le plus manifeste de cette tendance qu'il s'appliquait à dissimuler.
L'accident de parcours que constituait son cri de colère, quoique ponctuel, ne pouvait néanmoins que ternir voire déformer l'image de jotau vivant qu'il aimait à entretenir.


TEXTE 3
Sous la clarté lunaire, la mer brillait. Une mouette passa, telle un joyau.
A son habitude, il était ponctuel, près de la clôture. Il attendait celle qui devait lui donner un indice que la sorcière souhaitait occulter.
La fée rousse avait sans doute eu un accident.
Fébrile, il faisait les cent pas. Inquiet, quelqu'un cherchait à d"éformer la vérité.


TEXTE 4
Un reflet lunaire sur la mer, en forme d'indice.
Crime ou accident ?
Le jeu est de déformer la réalité dont seules les mouettes ont été les témoins.
Chacun cherche à occulter sa véritable personnalité en dehors de quelques lâchers prises ponctuels, qu'il faut capter.
Mais Hercule Poireau nous livrera ses déductions avant la clôture le la réunion.
Le joyau des détectives.


TEXTE 5
Sans fin, l'âME ERRE, sans faire D'EFFORTS MAIS avec enthousiasme et JOIE. Y AUrait-t-il un but caché à tout cela ?
L'âme est simple, elle vise tout simplement AU CUL ! LE TERrain de sa recherche est vaste. 
Mais elle ne se décourage pas.
Qu'elle en trouve UN, DIX, elle s'enivre de cela.
C'est sa seule boisson, elle QUE L'EAU TUE REste à ce régime
Elle en aperçoit un de l'autre côté de la rivière.
Vite, un PONT ! QUE TU ES Loin !
Joli cul, mais je t'attraperai et je te dévorerai !
- Pppffff répond le cul, comment feras tu, toi qui n'AS QUE SIX DENTS ?
L'âme contrariée hurle à la LUNE ET Rue dans les brancards, fait la MOUE ET TEnd ses longs bras d'âme géante et gourmande. !
Taïaut, hallali, le cul est pris

TEXTE 6
Ils partent...
Les uns après les autres...
:-* :-* :-*
Les reverrons nous ...?
Quand ? Où ?
Ils vont vers la mer entendre les mouettes.
Les autres retrouvent leurs marques, leur espace approprié depuis deux ou trois jours pour les plus ponctuels.
La cartmancienne ne nous donnera plus d'indice.
La voix de la chanteuse, ce joyau, ne nous envoutera plus.
Le regard se fait lunaire, occulté par les longues veillées qui déforment les images.
Ce week end sera-t-il un accidebnt dans leur vie ?
Clôture.
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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 12:35

Tirés de "roses à crédit" d'Elsa Triolet
CONDITION-ANCIENNE-AIMER-PARFUM-SOUFFRANCE-CONTRACTER-RAT-DENTELLES-ENGAGER-BALCON

TEXTE 1
A condition d'aimer d'anciennes souffrances, engager un rat dans un balcon de dentelles peut contracter l'ambiance, répandant un parfum de griffure.


TEXTE 2
Et maintenant que je suis tout à fait au parfum des conditions anciennes d'aimer qui permettent de contracter des souffrances, changeant le coeur en dentelles, fragile oeuvre de rat, je m'engage du balcon à l'amour nouveau.


TEXTE 3
Le dernier rat venait de quitter le pigeonnier.
Pour Louis, la situation devenait critique.
Dernier bastion de l'ancienne école, la souffrance ne lui faisait pas peur. Nécessaire, même, elle était.
Trop facile alors d'aimer le parfum des dentelles ajourées ; en colombophile averti, il prenait garde à ses volatiles, ne pas contracter la grippe du canard.
Ce serait alors la défaite assurée.
Il voulait, plus que tout, rengager ses troupes au prochain concours international de Long Island et remporter la palme.
Six mois que Louis entrainait son couple vedette, démarrage au balcon, passage par l'orchestre et retour aux premières loges.
Dans ces conditions, le succès était au bout.
Un rat misérable venait de flanquer six mois en l'air.
Louis se dit que c'était un bel après midi pour un infarctus.
Son fils aurait une bonne raison de râler.

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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 12:20

Tirés de "la faute de l'abbé Mouret" d'Emile Zola
MENTON-ODEUR-FRAÎCHEUR-JARDIN-CHAGRIN-CLAIRIERE-JOIE-CHANCELER-CARESSER-CHEVELURE

TEXTE 1
Fête du citron, Menton, dans les années 70.
Vincent quitte sa salle de bains, joie et félicité.
Pour un matin, pour une fois, ses poils au menton, pas chagrins,  se sont laissés extraire.
Pour une fois, l'axe barbe-chevelure a baissé garde.
Les rouflaquettes ont bien trompé leur follicule.
Fou de bonheur à l'idée de caresser jusqu'au moins 13 heures, une clairière de pilosité à l'odeur d'after-shave bon marché, il descend les marches vers le bas, la fraîcheur du jardin au citron.
Au moment où son pied, le gauche, foule la terre meuble, son univers le quitte ; l'herbe habituelle a cédé la place à une bouillie méconnaissable, un ramassis d'argile et de minerais de cuivre. Sans trop chanceler, il relève la tête : voilà qui explique les bulldozers.


TEXTES 2
Mon doux Adonis, la fraîcheur de cette clairière m'inspire. Je caresse ta chevelure, tu chancelles. Joie, joie, joie !!!
Bien loin le chagrin ...
Penchée sur toi, je vois ton menton tressauter...
L'odeur de ta peau !
Je sens mon jardin s'ouvrir sur toi.


TEXTE 3
Je me veux plus voir ton menton chanceler sous l'effet de ton chagrin.
Je t'emmènerais dans cette clairière pleine de fraîcheur, dans ce jardin, dans l'odeur du chèvrefeuille et du jasmin.
Et je continuerais à caresser ta douce chevelure jusqu'à ce que ta joie revienne et que le sourire éclaire de nouveau ton visage.

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