Textes rebelles

Publié le par pipelettes

TEXTE 1
Le silence m'inspire.
C'est dans le silence que je trouve une paix idéale.
Et ce que vous ne savez pas, c'est que la paix idéale n'existe pas.
L'appétit vient en mangeant, comme on dit. La paix vient quand se digère le silence qui est en nous.


TEXTE 2
J'ai toujours envie d'avoir quelque chose en commun, mais ce n'est pas la question de l'habitude. Ce que je veux avoir en commun, c'est ma contrepartie, une compensation qui n'est jamais nécessaire.
Qui compense, pense avec son pense bête.
Le pense bête, ce sont les graffitis sur le mur qui prouvent que le mur est solide.
Et quoi faire de tout ce stock de liens affectifs qui ne s'attachent à rien dans son for intérieur ?


TEXTE 3
Opiner du menton, oui, je sais, la manoeuvre est autoritaire et fait preuve d'obstination.
Mais opiner du coeur, la démonstration est dénuée de scrupules. Quand vous opinez de cette façon secrète, une clairière s'ouvre dans le domaine du coeur.
C'est un jardin de fraîcheur qui s'ouvre à l'étranger de passage.
Tous les réacteurs chancellent à la vue des arbres corronaires à la chevelure chaîtaigne.
Le mot du coeur qu'il convient de soulever, coeur en émoi dans tous les cas d'opinion sous-mentonnière, c'est joie.


TEXTE 4
On parle, toujours et encore de ce qui nous a le plus ému : pensée matinale au son du meuh de la vache.


TEXTE 5
J'ai pas qu'un mot à dire,
j'ai mon coeur à maudire,
j'ai mes tripes à maugréer,
j'ai mon oeil à molester,
j'ai ma langue à m'ausculter,
j'ai mon pied à m'autoriser
de balancer en avant pour marcher

c'est pas le seul pied que tu peux t'autoriser !


TEXTE 6
Goutte des seins
Saint des saints
Du goutte à goutte
Fortement alcoolisé
Cadeaux du coeur
Verticale bousculée


TEXTE 7
Le rateau n'a plus de manche, il s'aère.
Il s'aère à rien.
La manche est gagnée par abus de pelles.
Prendre un rateau ou se rouler une pelle, 
la manche est perdue par abus de chiendent.
Un cachou partout.
Refaites vos jeux.


TEXTE 8
C'est la maman de Ceylan
qui va dormir sur la rustine.


TEXTE 9
Je ne suis pas austère, je suis aussi sur terre.
Je suis assis sous le figuier, sur une pierre.
Sous mes pieds, la pelouse à demi-calcinée.
Des roseaux maltraités jonchent à qui mieux mieux le sable.
Quelques figues, à peine écloses, parsèment déjà la pelouse.
C'est un jeune figuier.
Je ne suis pas un roi qui devise, je suis un simplet très compliqué
qui prend la vie au présent
et accepte d'être là, assis sous un figuier, 
à se figurer une situation confortable et plaisante.
Le soleil brille matinalement.
Toutes ces personnes qui sont là, près de la véranda,
tous sont d'une humeur joviale, un enchantement.
Un ULM traverse le ciel, si bleu, si calme,
on se pâme.
Heureuse matinée qui commence comme un trésor à découvrir
pour une vie toujours éphémère de sentiments divers.
Vive le présent, vive l'instant.
C'est bien, nous.


TEXTE 10
Qu'est ce qui ne peut pas durer ?
Une ombre.
On se bat pour la garder.
Le soleil, on s'en fout, il est toujours présent là où on ne l'attend pas.
Et si on pouvait se mettre sous l'ombre, exactement, 
sans l'ombre d'un malentendu ?


TEXTE 11
Résoudre un problème, ce n'est pas allumer une lumière, c'est sauvegarder la part de l'ombre.


TEXTE 12
-Une nuit sans toi(t) mais sous tente
Une nuit avec toi(t) mais sans tente...
et vice versa, c'est pas mal aussi...
- Euh... comment tu écris toi(t) ?
- Ben... comme toi(t), avec un stylo plume ou un crayon de bois, au choix.
- Oui, mais si toi, tu écris toi(t) comme moi, alors toi et moi, on se comprend. Mais justement, je ne sais pas si tu écris toi comme ça ou toit comme ça. Parce que si tu écris toi comme ça, c'est comme moi, mais si tu écris toit comme ça, c'est pas comme moi, et alors là, je ne comprends plus rien, ma foi.
Et puis, depuis que tu portes ce foulard de soie, depuis des mois, tu restes sur ton quant à soi, ou à toi, si tu préfères. Alors moi, je ne sais plus ce que tu crois, tu vois ?
- Euh, pas vraiment...
- Bon, alors chacun reste chez soi ?
- Ben... Pourquoi ?
- Parfois, je ne vois pas pourquoi tu caches toujours ta joie... Moi, j'aime bien tes pattes d'oie et quelquefois, je les préfère avec du vinaigre balsamique, mais pas toujours !
- Ah, tu vois ! tu me réponds encore de guingois... Mais pourquoi ? J'aimerais qu'une seule fois tu me répondes simplement par oui ou par non, sans être aux abois !
- D'accord, mais il fait un peu froid ce soir, on rentre du bois et on s'allume un feu de joie ?


TEXTE 13
Paresseuse ennemie, ton regard salace enjambe mon grand pif dispendieux rempli d'une tristesse conglomérée.
Vise un peu l'enchevêtrement de poutres qui me glissent de la carencule : fixement, d'une évocation.


TEXTE 14
Que mot dire de la condiction d'amour galope ?
Un parfait parpaing et quelques dents d'elle.
Fais gaffe, c'est un point de doctrine à faire remarquer dans les cursus de la broute.
Quelle soutrance de contractionner un rapetiboisé, à peine rat-bouté sur le puir chevalu.
Il m'a encore rengagé sur son baldacon, le queunard roméotiforme !
Je concupitionnerai pour mon fort postérieur.
Vaut mieux se baronner dans tous les spasmes à genère, plutôt que de se foutre le pitrouille dans un brancard à psautères.
Je signe et je capitatuline, raz le col des calouballes à l'antienne.
Les mots, on s'en bat les couilles parce que j'ai pas mon maudire. 


TEXTE 14
Je suis de Montluçon,
donc, on est allés chercher un frigo !



 

Publié dans JEUX DE MOTS

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